Perturbateurs endocriniens : d’une génération à l’autre

mère et fille

Mars 2024

Le projet BETA vise à étudier les effets de certains perturbateurs endocriniens sur la santé des femmes à travers deux générations (les mères et leurs filles), au sein de l’étude E3N-Générations.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques, d'origine naturelle ou artificielle, qui peuvent interférer avec le système hormonal. En déréglant le fonctionnement hormonal, les perturbateurs endocriniens peuvent interférer avec les grandes fonctions du vivant : la croissance, la reproduction, le métabolisme…

Des polluants persistants

Dirigée par la chercheuse Francesca Romana Mancini, le projet BETA s’intéresse particulièrement à une grande famille de perturbateurs endocriniens, appelés substances alkylées perfluorées, parfois abrégé en « PFAS ». Ces substances ont longtemps été utilisées dans la fabrication de nombreux produits comme les revêtements antiadhésifs, les emballages compatibles micro-ondes, certains textiles, les tapis résistants aux taches, les boites à pizza qui n’absorbent pas la graisse… Plusieurs études ont mis en évidence des effets toxiques liés à l’exposition aux PFAS.

Depuis mai 2009, la production de certains PFAS (comme le PFOS et le PFOA) est interdite et leur utilisation très strictement restreinte en Europe, mais, comme ces substances ont tendance à résister aux dégradations biologiques naturelles, elles persistent longtemps dans l'environnement (sols, sédiments, air, organismes vivants) et restent présentes dans le sang des êtres humains.

D’une génération à l’autre

Grâce aux recherches déjà réalisées, les scientifiques émettent aujourd’hui l’hypothèse que certains de ces perturbateurs endocriniens pourraient entrainer des effets sur la santé non seulement chez la personne exposée directement à ces substances, mais aussi se transmettre aux générations suivantes : c’est ce que l’on appelle un effet transgénérationnel.

Une cohorte familiale de longue durée comme E3N-Générations offre une opportunité unique de pouvoir étudier les effets transgénérationnels de ces substances sur la santé. Les données et échantillons de sang déjà recueillis chez les femmes de la première génération de l’étude, les « femmes E3N », entre 1995 et 1999, pourront être comparées aux informations et échantillons de sang qui seront recueillis auprès de leurs filles appartenant à la deuxième génération de l’étude.

Le projet BETA aidera donc à mieux cerner la façon dont ces substances sont transmises d’une génération à l’autre et à comparer la présence de ces substances chez des femmes y ayant été exposées en France à des périodes différentes. Le projet contribuera ainsi à évaluer l’efficacité des politiques mises en place pour réduire l’exposition à ces substances dans le pays.

Plus de détails sur le projet et la participation dans la notice d’information de l’étude.

QUESTIONS – RÉPONSES POUR LES PARTICIPANTES

JE SUIS intéressée PAR LE PROJET BETA, PUIS-JE PARTICIPER ?

Merci pour votre intérêt ! La participation est limitée à des femmes de la deuxième génération de l’étude E3N-Générations répondant à différents critères. Elles ne doivent pas être enceintes ou sous protection juridique, elles doivent résider en Ile-de-France et être affiliée ou bénéficier d’un régime de sécurité sociale. De plus, leur mère doit avoir accepté de donner un échantillon de sang et une quantité suffisante doit être encore conservée à la biobanque E3N-Générations. L’échantillon doit enfin avoir été prélevé avant toute survenue de diverses maladies (cancer, maladie cardiovasculaire, diabète). Le projet devrait intégrer environ 400 couples mères-filles.

En principe, si vous avez été invitée, vous répondez à ces critères. Si vous n’avez pas été invitée, il est probable que vous ne correspondiez pas ou que le nombre de participantes avait déjà été atteint.

Nous vous remercions en tout cas pour votre intérêt pour ce projet et votre désir de contribuer encore davantage à nos recherches.

A QUOI PARTICIPER M’ENGAGE ?

La participation à ce projet implique un prélèvement sanguin à domicile et le remplissage d’un questionnaire. Le tout devrait prendre une trentaine de minutes.

Concrètement, après un premier court questionnaire en ligne, pour confirmer que vous répondez toujours aux critères de l’étude et que vous souhaitez participer, nous vous enverrons un kit de prélèvement par la poste. Nous vous demanderons de renvoyer le formulaire de consentement à l’étude signé après un délai de réflexion d'une semaine, puis de prendre rendez-vous sur un site dédié avec un infirmier qui se déplacera à votre domicile, à un horaire que vous aurez proposé.

Lors de la visite, l’infirmier procédera au prélèvement sanguin, remplira avec vous un questionnaire, puis se chargera de faire parvenir le prélèvement au laboratoire d’analyses.

Vous trouverez tous les détails sur la participation dans la notice d’information de l’étude.

QUAND AURA LIEU LE prélèvement ?

Vous pourrez choisir plusieurs créneaux qui vous conviennent, du lundi au jeudi entre 6h30 et 10h30. Les rendez-vous ne seront pas possibles les week-ends, ni les jours fériés, ni les veilles de jours fériés. En fonction des disponibilités des infirmiers travaillant à proximité de chez vous, l’un de ces créneaux vous sera confirmé par email. 

Nous vous demandons, dans la mesure du possible pour vous et en fonction des créneaux disponibles bien sûr, de prendre rendez-vous dans les trois semaines qui suivent la réception du colis avec le matériel de prélèvement.

Nous enverrons les colis en plusieurs vagues, une à trois semaines après le remplissage du formulaire de pré-consentement en ligne. Toutefois, ce délai pourrait être un peu plus long en cas de difficultés logistiques. Vous recevrez un email pour vous prévenir de l’arrivée du colis.

MA MÈRE NE PEUT PAS PARTICIPER, EST-CE UN PROBLÈME ?

Dans ce projet, les chercheurs s’appuieront sur la contribution passée des femmes E3N, elles ne seront donc pas à nouveau sollicitées, à la différence de leurs filles. Si vous avez été invitée à participer, c’est que votre mère a donné son sang dans les années 1990. Si vous acceptiez de participer, ce serait donc cet échantillon que nous pourrions utiliser, ainsi que des informations qu’elle a fournies au fil des ans en remplissant ses questionnaires.

J’AI déménagé, PUIS-JE TOUT DE MÊME PARTICIPER ?

Si vous avez quitté l’Ile-de-France, vous ne pourrez pas participer, malheureusement. En effet, pour des raisons logistiques, les participantes du projet BETA doivent vivre en Ile-de-France, pour faciliter le passage à domicile d’un infirmier pour le prélèvement sanguin.

Dans tous les cas, si vous avez déménagé, en Ile-de-France ou ailleurs, il est important de mettre à jour votre adresse postale dans votre profil, si ce n’est pas déjà fait. Une fois connectée sur la plateforme de questionnaires, cliquez sur « Modifiez votre profil » puis « coordonnées » ou suivez directement ce lien : https://plateforme.e3n-generations.fr/questionnaire/p2211ins013profil/4

DOIS-JE ÊTRE A JEUN POUR LE prélèvement ?

Ce n’est pas une obligation. Ainsi, vous aurez plus de souplesse pour choisir la date et l'heure du rendez-vous. Toutefois, si cela est compatible avec votre agenda, être à jeun permettrait d’analyser votre glycémie à jeun ce qui serait un plus.

AURAIS-JE ACCÈS AUX RÉSULTATS DE MES ANALYSES DE SANG ?

Le questionnaire de consentement que vous recevrez avec le matériel de prélèvement vous demandera si vous souhaitez recevoir vos résultats d’analyses biologiques.

Si vous en faites la demande, vous recevrez vos résultats individuels mesurant des biomarqueurs hormonaux et métaboliques. Ils vous seront envoyés par un courrier postal. Ces analyses étant faites dans le cadre d’un projet de recherche, il est probable que les délais pour avoir les résultats seront beaucoup plus longs que pour une analyse dans un laboratoire en ville.

Il n’est pas prévu de donner le dosage des perturbateurs endocriniens, car nous n’avons pas d’éléments fiables qui permettent d’interpréter un résultat individuel.