Accéléromètres : des capteurs pour suivre l'activité physique, la sédentarité et le sommeil
Photo Adobe Stock n°637447424, par Sabrina
Avril 2026
En 2026, l’étude E3N-Générations lance un vaste projet de collecte de données sur l’activité physique, la sédentarité et le sommeil, en proposant aux participantes et participants de la deuxième génération de porter pendant une semaine des capteurs appelés « accéléromètres ». Capables de mesurer finement les mouvements, ils fournissent des informations précises et fiables sur la sédentarité (temps éveillé en position assise ou allongée), le temps consacré à différents types d’activités, les plus intenses comme les plus légères, ainsi que les durées de sommeil.
Il s’agira de l’une des premières collectes à grande échelle de données d’accélérométrie en France, apportant des données précieuses à la communauté scientifique pour la recherche sur l’activité physique, la sédentarité et le sommeil.
Sous la direction de Gianluca Severi, directeur de recherche Inserm, ce projet de recherche intitulé ProPASS-E3N (Projet Pour la mesure et l’étude de l’Activité physique, de la Sédentarité et du Sommeil au sein de la cohorte E3N-Générations) s’inscrit dans une collaboration avec le réseau ProPASS qui rassemble une quarantaine de cohortes dans une vingtaine de pays et permet à la fois un partage d’expérience entre équipes de recherche et des travaux communs bénéficiant d’une puissance statistique importante, de par le grand nombre de volontaires suivis.
Activité physique, sédentarité, sommeil : une influence majeure sur la santé à approfondir
L’activité physique, la sédentarité et le sommeil sont des déterminants majeurs de notre santé.
Bien plus large que le sport, l’activité physique désigne tous les mouvements que l’on effectue dans différents contextes, que ce soit dans le cadre des loisirs, des déplacements (marche, vélo…), en travaillant ou lors des tâches domestiques, comme le ménage ou le bricolage.
L’activité physique régulière a de multiples effets bénéfiques sur la santé physique et mentale : elle réduit par exemple le risque de maladies cardiovasculaires, cancer et diabète, mais aussi les symptômes de dépression et d’anxiété. Plus généralement, elle a un effet positif sur le bien-être.
La sédentarité englobe les temps éveillés passés en position assise ou allongée, où la dépense énergétique est faible. Élevée, la sédentarité est associée à une augmentation de la mortalité et de la survenue de maladies cardiovasculaires, de cancer et de diabète de type 2.
On sait également qu’un temps de sommeil court augmente le risque de maladies cardiovasculaires, d’hypertension, d’obésité, de diabète de type 2 et de cancer.
Malgré de nombreux travaux sur ces thèmes, d’importantes lacunes demeurent dans les connaissances actuelles. On en sait peu, par exemple, sur les bénéfices potentiels pour la santé de l’activité physique d’intensité légère. On connaît mal quelle dose d’activité physique est nécessaire pour obtenir un bénéfice ou quel niveau de sédentarité augmente les risques pour la santé. De même, il faudrait mieux comprendre comment l’activité physique et le temps sédentaire interagissent pour influencer la santé. C’est important notamment pour des profils de personnes qui font beaucoup de sport tout en ayant un quotidien très sédentaire, par exemple à cause de leur travail.
Des mesures objectives donnant un portrait complet de l’activité physique et du temps sédentaire, comme celles qu’offrent les accéléromètres, permettraient de combler ces lacunes.
Pourquoi utiliser des capteurs d’activité physique ?
Pour connaître les habitudes de sommeil et d’activité physique, les questionnaires, remplis directement par les participants, sont l’outil le plus fréquent. C’est d’ailleurs un outil que nous utilisons régulièrement dans l’étude E3N-Générations, mais il présente plusieurs limites, notamment en surestimant l’activité physique modérée ou intense et, a contrario, en sous-estimant l’activité d’intensité légère ou la sédentarité.
Les répondants ont tendance à surestimer le temps passé dans des activités physiques plus intenses comme la course à pied ou la natation. Ces activités souvent organisées et planifiées sont plus faciles à mémoriser, voire surestimées, à l’inverse d’activités d’intensité légères, moins mémorisables, comme par exemple de courtes tâches ménagères parfois éparpillées dans le temps. De même, le temps sédentaire, assis ou allongé, qui occupe une grande partie de la journée, est souvent sous-estimé.
Outre ce que les scientifiques appellent des « biais de mémoire », les réponses sur l’activité physique peuvent être influencées par un « biais de désirabilité sociale », du fait de l’image positive associée au sport dans la société.
Pour des données plus précises et plus fiables, des outils de mesure objectifs sont donc utiles à la recherche. Pour des raisons semblables, nous avons également proposé à nos participants l’utilisation de montres connectées. Les montres connectées ont l’avantage de permettre une collecte de données sur une période longue. Toutefois, leur gros inconvénient est que les données fournies sont interprétées à partir des données brutes par des algorithmes conçus par les fabricants de montres. Ces algorithmes sont des boites noires pour les chercheurs, les empêchant de comprendre parfaitement les différences de mesure d’un modèle de montre à l’autre. Les modifications de ces algorithmes ne sont pas publiques, si bien qu’une évolution dans les durées de sommeil ou d’activité physique d’un participant peuvent venir d’un changement de ses habitudes ou de l’algorithme.
Objectifs du projet de recherche ProPASS-E3N
L’objectif principal est d’évaluer les associations entre certains comportements liés au mode de vie (activité physique, sédentarité, sommeil) et un large éventail de facteurs et d’évènements liés à la santé.
Ce projet vise trois objectifs secondaires :
- Décrire les niveaux d’activité physique, le comportement sédentaire et les habitudes de sommeil à partir de mesures collectées par des accéléromètres au sein de la cohorte E3N-Générations.
- Identifier des groupes de participants ayant des comportements ou habitudes similaires (profils comportementaux) et étudier les caractéristiques et les déterminants de ces profils.
- Étudier chacune de ces mesures en relation avec différents paramètres ou maladies.
Ce qu’implique la participation
Les participants à ProPASS-E3N doivent porter pendant une semaine deux capteurs d’activité physique, appelés « accéléromètres », l’un à la cuisse, fixé avec du film adhésif médical, l’autre au poignet à l’aide d’un bracelet en silicone. Pendant cette semaine, ils remplissent chaque jour un court questionnaire portant notamment sur leur sommeil, ainsi qu’un questionnaire final leur permettant de faire un retour d’expérience sur le déroulé du projet.
Nous demandons aux participants d’essayer de ne pas modifier leurs habitudes pendant la semaine de port et de mener leur vie comme ils l’auraient fait en l’absence de capteurs.
Les capteurs sont portés en permanence pendant 7 jours complets, soit 7 journées et 8 nuits. Ils sont envoyés par voie postale et déposés en boîte aux lettres. A l’issue de la semaine de port, les participants les renverront dans une enveloppe préaffranchie (donc sans frais pour lui).
Pour en savoir plus sur ce qu’implique la participation, nous vous invitons à lire :
- La notice d’information
- Le guide du participant (pour la semaine de mesure)
Comment fonctionnent les capteurs d’activité physique utilisés ?
Ces capteurs mesurent et enregistrent en continu les accélérations associées aux mouvements de la cuisse ou du poignet selon 3 axes (x, y et z). Ces appareils détectent ainsi avec une grande précision les mouvements, les vibrations et les changements d’orientation. Le modèle utilisé dans cette étude est l’accéléromètre Axivity AX3.
A partir des accélérations mesurées et de l’analyse des postures et mouvements, son port continu sur plusieurs jours nous permettra d’obtenir des estimations précises et fiables concernant :
- Le temps sédentaire (temps passé en position assise ou allongée),
- Le temps passé dans des activités physiques de différents niveaux d’intensité (activité physique d’intensité légère, modérée et vigoureuse),
- Le temps consacré à certains types d’activité comme marcher, monter des marches, faire du vélo ou courir,
- Les durées de sommeil.
L’accéléromètre Axivity AX3 n’intègre pas de GPS et ne permet donc pas la géolocalisation. Lorsque vous le portez, il est impossible de savoir où vous vous trouvez, ni avec qui.
Il n’enregistre aucun son et n’émet aucun rayonnement ou radiation.
Qui peut participer ? Quand démarre le projet ?
Au cours des prochaines années, tous les volontaires de la deuxième génération de la cohorte seront invités à contribuer à ce projet, s’ils résident en France métropolitaine (ce critère est lié aux contraintes logistiques des envois postaux) . A terme, la troisième génération sera invitée à son tour.
Dans un premier temps, seuls quelques centaines de participants seront invités (en avril-mai 2026) pour une étude pilote en juin-juillet 2026. Nous visons 150 participants pour cette phase pilote qui doit permettre de mettre en place et d’éprouver la logistique du projet. Après quelques ajustements, les invitations et les semaines de collecte s’étaleront sur les prochains mois et années pour permettre la participation d’un maximum de volontaires.
Pour participer, il faut notamment résider en France métropolitaine, ne pas avoir de problèmes de mobilité ou d’autonomie et ne pas être enceinte pour les femmes. Le questionnaire d’inscription permet de vérifier que les participants répondent aux principaux critères et qu’ils sont disponibles lors d’une des semaines de collecte prévues.
Les participants concernés par l’étude pilote recevront un mail les invitant à remplir ce questionnaire sur la plateforme habituelle.
Pourquoi participer ?
Avec cette première collecte à grande échelle de données d’accélérométrie en France, les participants contribuent à un vaste jeu de données objectives et fiables sur l’activité physique, la sédentarité et le sommeil, fournissant un nouvel outil à la communauté scientifique française et même internationale, avec la contribution au consortium ProPASS, un réseau international d’équipes de recherche sur l’activité physique, la sédentarité et le sommeil. Ce port pendant une semaine peut également vous permettre d’avoir un regard objectif et précis sur vos pratiques pendant une courte période. Contrairement à celles des objets connectés, les données des accéléromètres ne sont pas directement accessibles aux porteurs des capteurs, toutefois, les participants recevront un document donnant des moyennes et des graphiques issus de leur semaine de mesure, leur permettant d’avoir une fenêtre d’observation intéressante sur leurs propres habitudes d’activité physique, de sédentarité et de sommeil.
Usage et réutilisation des données
A la différence d’un objet connecté, il n’y a pas d’envoi automatique des données vers un serveur en ligne. Les données collectées par les capteurs restent dans le capteur jusqu’à leur renvoi à notre équipe qui se charge de les extraire. Elles sont alors stockées et traitées sur nos serveurs habituels.
E3N-Générations a intégré un réseau international d’équipes de recherche sur l’activité physique, la sédentarité et le sommeil, le consortium ProPASS. Cette collaboration permet à la fois un partage d’expérience entre équipes de recherche (le consortium rassemble une quarantaine de cohortes dans une vingtaine de pays) et des travaux communs bénéficiant d’une puissance statistique importante, de par le grand nombre de volontaires suivis. Le consortium ProPASS utilise une infrastructure, où chaque cohorte dispose d’un serveur local sécurisé non accessible par les autres membres du consortium. Nous ne mettrons sur le nôtre que des données pseudonymisées, sans données directement identifiantes (par exemple, nom ou coordonnées). Les données sont ensuite analysées via une approche dite fédérée ce qui signifie que les données ne sont jamais centralisées, qu’elles restent localement dans chaque serveur et qu’elles ne sont jamais directement accessibles par les personnes réalisant les analyses statistiques. Les données brutes et les informations individuelles des participants des différentes études ne seront donc pas accessibles aux membres du consortium. Seules des statistiques synthétiques ne permettant aucune identification, comme les moyennes, les valeurs minimales et maximales, les coefficients des modèles, seront ensuite accessibles au consortium.
Enfin, les données pourront être réutilisées pour de futures recherches sur l’activité physique, la sédentarité et/ou sur le sommeil. Une fois pseudonymisées (sans nom, prénom ou coordonnées), elles pourront être partagées avec des équipes de recherche travaillant sur ces comportements. Les participants qui ne souhaitent pas que leurs données soient réutilisées peuvent s’y opposer nous en envoyant un mail (generation2@e3n-generations.fr).
Plus de détails sur l’utilisation secondaire des données sur notre site et dans la notice d’information.




